Traduit de l'espagnol
L'article « Combate de San Lorenzo (1846) »
Le 16 janvier 1846, sur le Paraná, le convoi anglo-français où servait Louis-François-Joseph Le Normant de Kergrist passe sous les canons argentins de San Lorenzo. Seule l'encyclopédie Wikipédia en espagnol consacre un article à ce combat. Le voici, en français.
Traduction en français réalisée par le site nosgenerations.fr. Sous l'extrait, un lien ouvre l'article original, en espagnol, dans la version traduite.
Wikipédia en espagnol, article « Combate de San Lorenzo (1846) », version du 28 juillet 2026 — lire la page originale, en espagnol
Le second combat de San Lorenzo, ou simplement (selon le contexte) combat de San Lorenzo, est le nom sous lequel on connaît la bataille livrée, pendant la guerre du Paraná, le 16 janvier 1846, entre les forces de la Confédération argentine, commandées par Lucio Norberto Mansilla, et une partie de l'escadre anglo-française qui bloquait l'accès aux ports du Río de la Plata et du Paraná.
Le combat se déroula aux abords du Campo de la Gloria, là où José de San Martín avait donné, en 1813, le baptême du feu aux Grenadiers à cheval.
Le combat de San Lorenzo eut lieu dans le cadre de la guerre du Paraná, pendant le blocus anglo-français du Río de la Plata. Après le combat de la Vuelta de Obligado, livré le 20 novembre 1845, l'escadre anglo-française put poursuivre sa navigation sur le Paraná, en escortant un convoi de navires marchands à destination de Corrientes et du Paraguay. Bien que les forces de la Confédération argentine n'aient pas réussi à empêcher l'avance de l'expédition, elles continuèrent à la harceler du haut des falaises du fleuve, avec des batteries côtières et en suivant sa marche par la terre.
Au cours de cette campagne, les forces argentines affrontèrent de nouveau l'escadre anglo-française au combat du Paso del Tonelero, le 9 janvier 1846. Dans les jours suivants, le général Lucio Norberto Mansilla établit une nouvelle position d'artillerie aux abords du couvent de San Carlos, à San Lorenzo, où il prépara une embuscade pour attaquer de nouveau le convoi pendant qu'il remontait le fleuve.
Mansilla installa à San Lorenzo huit canons cachés dans les broussailles, 250 carabiniers et 100 fantassins sur les falaises du Paraná, et attendit l'arrivée du convoi, qui continuait de remonter le fleuve.
À midi, le 16 janvier, apparurent le vapeur HMS Gorgon, la corvette Expéditive, les bricks Dolphin et King et deux goélettes armées, qui portaient en tout 37 canons de gros calibre et accompagnaient 52 navires marchands.
Arrivés devant San Lorenzo, l'Expéditive et le Gorgon tirèrent à boulets et à mitraille sur la côte pour tenter de découvrir les forces de Mansilla, qui avait ordonné à ses troupes de rester cachées à leurs postes.
Quand tout le convoi se trouva devant la position argentine, Mansilla fit ouvrir le feu aux batteries commandées par les capitaines José Serezo, Santiago Maurice et Álvaro de Alzogaray. Le tir fut précis et, en peu de temps, les navires marchands s'enfuirent, désemparés, vers des bras de rivière voisins.
À quatre heures de l'après-midi, le combat durait encore quand le vent arrière poussa les bâtiments vers le nord, jusqu'aux abords de la pointe du Quebracho. Mansilla y regroupa ses forces et combattit jusqu'à la tombée du jour, laissant le convoi allié avec des dégâts importants sur ses navires de guerre, des pertes considérables en marchandises et cinquante hommes hors de combat. Le contre-amiral Inglefield écrivit dans son rapport officiel à l'Amirauté britannique :
[…] les vapeurs anglais et français soutinrent le feu pendant plus de trois heures et demie ; et c'est à peine si un seul navire du convoi sortit sans avoir reçu un boulet […]
Du côté argentin, les pertes furent presque insignifiantes.
Bien que malmenée, la flotte anglo-française continua de remonter le fleuve, où elle regroupa ses forces. Cinq mois plus tard, ne voyant plus de moyen de garder la maîtrise du fleuve, elle entreprit le retour ; mais le 4 juin 1846, elle se heurta de nouveau aux forces de Lucio N. Mansilla, à la bataille de l'Angostura del Quebracho.
La victoire de cette bataille assura le triomphe définitif des forces argentines et mit fin à l'expédition colonialiste de l'escadre anglo-française.
Note de la bibliothèque : le point de vue de cet article est celui de l'historiographie argentine. La biographie de Louis-François-Joseph Le Normant de Kergrist raconte ce même passage du côté du convoi.