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Biographie · Génération V

Pierre-Marie-Marcellin Duval

Quimper, 22 juin 1777 — Plougastel-Daoulas, 11 août 1822

Fils de Jean-Baptiste Duval · père d'Ange Duval · et de Marcellin Duval · gendre de Jean-Jacques Labiche

Portrait peint d'un homme d'une quarantaine d'années aux cheveux bruns bouclés et courts favoris, habit bleu sombre à haut col, gilet blanc et haute cravate blanche
Pierre-Marie-Marcellin Duval. Portrait réalisé à partir de la description du personnage.

Un fils de bijoutier de Quimper, entré à quinze ans au service de santé de la Marine. À dix-sept ans, il soigne les blessés de la Tourterelle, criblée par une frégate anglaise au large des Cornouailles, et connaît la prison de Plymouth. Docteur en médecine, il sauve un canonnier empoisonné avec de l'eau sucrée et fabrique dans la trachée d'un jeune loup la fausse membrane du croup. Chirurgien-major du Régulus, il vit la nuit des brûlots de l'île d'Aix. Professeur à Anvers, il combat le typhus pendant le siège de 1814 et manque d'en mourir. Il meurt à quarante-cinq ans, second médecin en chef de la Marine à Brest, laissant huit enfants et deux fils qui deviendront les maîtres de l'école de Brest.

1777-1793Le fils du bijoutier de Quimper

Plan ancien colorié de la ville close de Quimper, ses rues, ses remparts et la rivière de l'Odet
Quimper sur un plan de 1764, treize ans avant sa naissance : la ville close de l'évêque, ses remparts et l'Odet.

Pierre-Marie-Marcellin Duval naît à Quimper le 22 juin 1777, sous le règne du jeune Louis XVI, et il est baptisé le jour même à Saint-Mathieu. Son parrain est son oncle Pierre Duval, sa marraine sa sœur Marie-Marthe. Son père, Jean-Baptiste Duval, un Normand né à Champrepus, près de Villedieu, est négociant et bijoutier ; sa mère, Marie-Louise Beaulard, meurt en 1784, quand il a sept ans. Il a des frères et des sœurs plus âgés, Jeanne-Marie-Rose, Perrine-Rosalie, Yves-Pierre-Jacques, Marie-Louise-Adélaïde. Dans son métier, on l'appellera Marcellin Duval.

Jean-Baptiste Duval n'est pas un marchand comme les autres. Franc-maçon, il est dès 1776 frère de la loge l'Heureuse Maçonne de Quimper ; licencié en droit, il enseignera plus tard la législation. En juillet 1794, en pleine Révolution, il achète aux enchères un bien national : le manoir de Créac'h Guen, à Ergué-Armel, aux portes de Quimper, confisqué à un ecclésiastique qui avait refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé, Louis Le Normand de Pharadon. Mis à prix 6 243 livres, le manoir, avec sa cour, son verger, ses prairies et sa métairie, lui est adjugé au troisième feu, quand s'éteint la dernière bougie des enchères, pour 24 300 livres. Il passera à son fils aîné, Yves-Pierre-Jacques, l'avocat de la famille.

Le 25 mars 1793, à quinze ans et neuf mois, Pierre-Marie-Marcellin entre au service de santé de la Marine à Brest, comme sous-aide chirurgien auxiliaire, à mille livres par an. Il est si jeune que ses services ne compteront qu'à partir de ses seize ans, le 22 juin. La France est en guerre contre l'Angleterre depuis sept semaines. Le 21 février 1794, il est promu chirurgien auxiliaire de troisième classe, à deux mille quatre cents livres.

1794-1795La Tourterelle

Gravure : une frégate échouée sur la digue de la rade de Cherbourg, canonnée par un fort et deux canonnières, avec de petits navires autour
La rade de Cherbourg en 1794 : le fort de la Liberté canonne une frégate anglaise échouée sur la digue. C'est là, six mois plus tard, que la Tourterelle chasse sur ses ancres dans le coup de vent d'est.

Au printemps de 1794, il embarque comme aide-chirurgien sur la Lourde, une gabare qui porte des vivres et du matériel entre Le Havre et Brest. En octobre, armée en guerre, elle garde la rade de Cherbourg avec le lougre le Brillant et fait prendre le large aux navires ennemis signalés de la côte. Le 22 octobre, il passe sur la Tourterelle, une corvette de vingt-quatre canons armée au Havre, que commande le lieutenant de vaisseau Montalan, vingt-sept ans.

Le 27 décembre 1794, la corvette est en rade de Cherbourg avec un convoi quand souffle un terrible coup de vent d'est. Plusieurs navires sont jetés à la côte, les autres rentrent au port. La Tourterelle a chassé sur ses ancres jusqu'à toucher presque le fort de la Liberté, et ses ancres sont prises dans les câbles des bâtiments qui ont chassé sur elle. À onze heures, on coupe le câble et l'on met à la voile. Impossible de regagner la rade avant la nuit ; une voile inconnue est signalée au nord ; l'hiver rend les vents incertains. Les officiers, les maîtres et le pilote signent ensemble la décision : filer vers Cancale ou Saint-Malo par le passage de la Déroute, entre Jersey et la côte du Cotentin, où l'ennemi ne pourra pas les suivre.

La corvette longe la côte au plus près, mouille pour la nuit dans l'anse de Pirou, double les îles Chausey et jette l'ancre en rade de Cancale le 28 au soir, puis à Saint-Malo le 30. On lui confie là deux transports à conduire jusqu'à Brest, l'un chargé de bois de construction, l'autre de farine. Remorquant le plus lent, elle passe entre Bréhat et les Roches-Douvres, longe les Sept-Îles, double la pointe Saint-Mathieu et entre en rade de Brest le 7 janvier 1795.

Vient ensuite la croisière : seize jours dans la Manche, deux navires coulés, un brick richement chargé envoyé à Brest. Le 13 mars 1795, à six heures du matin, à dix lieues au sud-ouest du cap Lizard, une voile paraît. On la croit une forte corvette, et l'on décide à l'unanimité de la combattre. C'est une frégate anglaise, la Lively, armée de canons de dix-huit. Dans le calme plat, la Tourterelle ne peut ni fuir ni manœuvrer. Pendant des heures, les boulets fauchent sa mâture et ses hommes ; à midi, on compte déjà cinq morts et trente blessés, et bientôt l'entrepont est « plein de blessés dont on ne pouvait savoir le nombre ». C'est là, sous le pont, que travaille l'aide-chirurgien de dix-sept ans.

À une heure vingt, avec quatre canons hors de service, une dizaine de voies d'eau et quatre pieds et demi d'eau dans la cale, Montalan amène son pavillon. Onze hommes sont morts. La frégate remorque la corvette jusqu'à Plymouth, où elle entre le lendemain, et l'équipage est conduit en prison. La Tourterelle deviendra un navire anglais. Montalan, jugé à Brest pour la perte de son bâtiment, sera acquitté à l'unanimité.

Pierre-Marie-Marcellin reste prisonnier en Angleterre jusqu'à l'été. On le débarque à Calais ; il gagne Paris, soixante-huit lieues, se présente à la commission de la Marine, puis reprend la route de Brest, cent trente-huit lieues encore. Le 3 août 1795, l'agent maritime de Brest note qu'il a touché à Paris de quoi faire le voyage. Il a dix-huit ans.

1795-1801Les convois de la côte

De retour à Brest, il sert à terre. À l'été de 1796, il est second chirurgien de la Cocarde nationale, une frégate de quarante canons qu'avait commandée l'année précédente, au combat de Groix, Pierre-Maurice de Quérangal. Le 14 septembre 1796, il est nommé chirurgien entretenu de troisième classe : il appartient désormais au corps permanent des officiers de santé de la Marine.

En décembre 1799, il devient chirurgien-major de la Société, une corvette de seize canons qui escorte les convois le long des côtes de Bretagne. Brest vit de ce que la mer lui apporte : la chouannerie coupe les routes de terre, et les caboteurs, ces petits navires de commerce qui portent les vivres, le bois et la farine, doivent passer sous le nez des frégates anglaises et des corsaires de Jersey et de Guernesey.

Au mois de mars 1800, sous les ordres du capitaine de vaisseau Le Bozec, la Société part de Lorient avec la Pélagie et le Printemps, escortant une centaine de caboteurs. Une frégate et un cotre anglais croisent aux Glénans : le convoi relâche à Concarneau, puis gagne Bénodet, où le rejoignent une flottille de vingt voiles venue du sud et un convoi parti de Nantes. Le 25 mars, toute cette flotte entre à Brest ; deux frégates anglaises l'ont poursuivie sans pouvoir lui fermer le passage du Raz. En avril, la Société repart vers le sud avec un convoi de navires vides. Il reste à son bord jusqu'en juillet 1801.

1801-1805Le prosecteur de M. Duret

Page manuscrite d'un registre de mariages de l'an XIII, formulaire imprimé rempli à la main, avec une dizaine de signatures en bas
Brest, 24 floréal an XIII (14 mai 1805) : le mariage de « Pierre-Marie-Marcien Duval, âgé de vingt-huit ans, né à Quimper… chirurgien de la marine » et de « Marie-Jacquette Labiche, âgée de vingt ans, née à Brest ». En bas, la mère de la mariée signe « Blondela veuve Labiche ».

Entre deux embarquements, il sert à l'hôpital du port. Chirurgien de deuxième classe en juin 1801, il devient à l'école de Brest prosecteur d'anatomie. C'est lui qui prépare les dissections pour les leçons du chirurgien en chef, Duret, un opérateur célèbre, qui avait le premier en France tenté avec succès l'opération de l'anus artificiel imaginée par le chirurgien Littre. Le jeune homme apprend à ses côtés l'anatomie, la chirurgie et le goût des expériences.

En juin 1803, il est chirurgien-major de la Comète, une frégate que commande un marin singulier, Adrien-Joseph Segond : cinq ans plus tôt, celui-ci avait proposé d'enlever le roi d'Angleterre George III, qui venait chaque été prendre ses bains de mer à Weymouth ; le secret fut éventé, et le Directoire renonça. Chirurgien de première classe le 13 octobre 1803, Duval suit Segond en avril 1804 sur le vaisseau l'Alexandre, de quatre-vingts canons. Il passe l'hiver sur la flûte la Salamandre, puis, au printemps de 1805, sur le Jean-Bart, un vaisseau de soixante-quatorze canons de l'armée navale de Brest, que les escadres anglaises tiennent bloquée au fond de sa rade.

Il recueille aussi les observations de l'hospice principal. L'une d'elles est restée fameuse. Le 25 février 1804, à quatre heures de l'après-midi, un jeune canonnier d'artillerie de marine, qui a commis une faute et préfère la mort au conseil de guerre, avale d'un trait une once et demie de vert-de-gris dissous dans de l'eau. Ses chefs le font porter à l'hospice : il délire, ses membres se raidissent, ses mâchoires se serrent. Duret lui fait boire un verre d'eau sucrée ; il vomit le poison, on continue le sucre en sirop. Une heure plus tard, sous les yeux des témoins qui désespéraient de lui, les symptômes s'effacent peu à peu. Le jeune homme est sauvé. Duval racontera ce cas dans sa thèse.

Le 14 mai 1805, le 24 floréal an XIII, il épouse à Brest Marie-Jacquette Labiche. Elle a dix-neuf ans. Elle n'a jamais connu son père : le chirurgien Jean-Jacques Labiche est parti sur la frégate La Vénus quelques mois avant sa naissance, et La Vénus a disparu corps et biens. Par sa mère, Marie-Charlotte Blondela, elle est la petite-fille de Jacques Blondela, officier de marine, et la nièce de François Blondela, le dessinateur de l'expédition La Pérouse. Marcellin entre ainsi dans une vieille famille de la Marine brestoise.

Le mariage est célébré à neuf heures du matin, devant le maire, Jean-Baptiste Tourot. Le marié se dit « chirurgien de la marine ». Son père, Jean-Baptiste Duval, soixante-deux ans, « ancien marchand », est venu de Quimper avec son autre fils, Yves-Pierre-Jacques, avocat ; les deux autres témoins sont Jean-Gabriel Quesnel, marchand à Brest, beau-frère du marié, et Jean-Charles Bérubé, négociant, oncle de la mariée. La mère de la mariée, présente et consentante, signe « Blondela veuve Labiche ».

1806-1807Le sucre et le poison

Page imprimée d'un traité des poisons : le paragraphe sur le sucre contre le vert-de-gris, qui cite M. Marcelin Duval
« On a cru pendant long temps que le sucre était le contre-poison du vert-de-gris. M. Marcelin Duval… conclut que le sucre et ses préparations sont spécifiques du vert-de-gris » : le grand toxicologue Orfila discute sa thèse de 1806.

Au printemps de 1806, il se rend à Paris, et le 1er août il soutient à l'École de médecine sa thèse de docteur, un Essai sur la toxicologie, la science des poisons, « suivi d'observations et d'expériences sur l'emploi du sucre dans les empoisonnements ». Il y rapporte ses observations : le canonnier de 1804, sauvé par l'eau sucrée ; un chien à qui il a fait avaler, par une sonde de gomme élastique, de l'oxyde de cuivre dissous dans du vinaigre, puis de l'eau saturée de sucre toutes les demi-heures, et qui s'est endormi calmement après quelques frissons ; un autre chien, empoisonné au sublimé corrosif, calmé lui aussi par une grande quantité d'eau sucrée. Il en conclut « que le sucre et ses préparations sont spécifiques du vert-de-gris ».

Sa thèse ne passe pas inaperçue. Le plus grand toxicologue du temps, Mathieu Orfila, la discute longuement dans son Traité des poisons, cite « M. Marcelin Duval », refait les expériences et conclut que le sucre n'est pas un vrai contrepoison : c'est surtout la grande quantité d'eau qui agit. Le débat durera des années, et le nom de Duval y restera attaché.

Le 19 octobre 1806, il embarque comme chirurgien-major sur le Régulus, un vaisseau de soixante-quatorze canons qui vient de rentrer à Brest d'une longue croisière du golfe de Guinée aux Antilles. En décembre, le vaisseau reçoit un nouveau capitaine, Jean-Jacques-Étienne Lucas, le héros de Trafalgar : c'est de la hune de son Redoutable qu'était parti le coup de fusil qui tua Nelson.

Le 30 juin 1807 naît à Brest son premier fils, Jean-Charles-Marcellin. Le docteur Duval soigne aussi, à l'hospice, les galeux de la salle n° 5 : marins, novices, soldats d'artillerie de marine. Il y compare les traitements et donne la préférence à une pommade de charbon.

1808Le croup artificiel

Deux pages imprimées de 1809 : le titre « Expériences sur le croup artificiel, par M. Duval, docteur en médecine », et la conclusion de la commission
Son mémoire de 1809, « Expériences sur le croup artificiel, par M. Duval, docteur en médecine, correspondant de la Société, à Brest » (à gauche), et la conclusion de la commission de Paris : « l'auteur a résolu pleinement la question proposée dans le programme » (à droite).
Page imprimée de 1811 : un paragraphe qui dit que le docteur Duval fut le premier à essayer de produire le croup
1811 : « C'est en effet ce médecin qui, le premier, a essayé de produire le croup. Aussi M. Horsch… lui accordait-il l'honneur de l'invention. »

En ce temps-là, le mot de croup fait trembler les parents. C'est une maladie des enfants : la gorge et le larynx se tapissent d'une peau blanchâtre et tenace, une « fausse membrane », qui ferme peu à peu le passage de l'air. L'enfant tousse d'une toux rauque, aboyante, sa voix change, prend un timbre étrange qu'on appelle la voix croupale, puis il étouffe. Les médecins ne savent ni d'où vient cette membrane, ni comment l'arrêter. Le 5 mai 1807, le croup emporte à La Haye un enfant de quatre ans, Napoléon-Charles, le fils de Louis Bonaparte, roi de Hollande, et le neveu de l'Empereur. Napoléon fonde aussitôt un prix de douze mille francs pour le meilleur mémoire sur cette maladie.

La Société de l'École de médecine de Paris prépare le concours et pose une série de questions. L'une d'elles est celle-ci : « L'art a-t-il des moyens de produire chez les animaux vivants la concrétion muqueuse membraniforme, attribut spécial du croup ? » Autrement dit, peut-on faire naître la fausse membrane chez un animal, pour l'étudier ? À Brest, le chirurgien en chef Duret décide de tenter l'expérience ; retenu par ses fonctions, il en charge Duval, avec le prévôt de chirurgie de l'hospice, Miriel.

Le 4 juillet 1808, devant le conseil de santé du port et plusieurs chirurgiens et professeurs de l'école, on saisit un jeune loup. Duval glisse une sonde de gomme élastique dans sa trachée et y fait d'abord passer un gaz irritant, le chlore ; l'animal n'en paraît qu'un peu incommodé. Il injecte alors par la sonde deux cuillerées d'eau où l'on a versé une quarantaine de gouttes d'acide sulfurique. Le loup s'agite, tousse, sa voix s'altère ; toute la journée, il respire court et bruyamment. Il meurt au bout de vingt-quatre heures. À l'ouverture, on trouve, depuis le larynx jusqu'au fond des voies respiratoires, un long tube membraneux, de l'épaisseur d'une feuille de papier : la fausse membrane du croup. Duret et les médecins présents sont frappés de sa « ressemblance exacte » avec celle du croup naturel.

Duval répète l'expérience sur deux jeunes poules et deux canetons. Chez une poule, deux heures après l'injection, la voix devient croupale, et d'une manière si frappante qu'une dame, qui avait vu un enfant malade du croup, croit reconnaître sa voix et le prie d'éloigner l'animal. Il en tire une explication : ce n'est pas une brûlure, car une brûlure fait des escarres irrégulières ; c'est l'irritation qui enflamme la muqueuse et lui fait sécréter cette membrane, comme dans le croup naturel. Et il rêve plus loin : un jour peut-être, écrit-il, le médecin osera porter directement ses remèdes dans les voies respiratoires, et pourra vaincre les phtisies et d'autres maladies qu'on croit incurables.

À Paris, la Société veut vérifier. Le 28 octobre 1808, sa commission refait l'expérience sur une jeune poule : même voix rauque, même mort en un peu plus d'un jour, même membrane dans la trachée, présentée à la Société le 2 novembre. Le rapporteur conclut que « l'auteur a résolu pleinement la question proposée dans le programme ». Le mémoire paraît en février 1809. Deux ans plus tard, à Wurtzbourg, le professeur Horsch reprend les expériences sur de jeunes cochons, qui attrapent naturellement le croup, et reconnaît que Duval est le premier à avoir produit la maladie : il lui accorde « l'honneur de l'invention ».

1809Les brûlots de l'île d'Aix

Tableau en grisaille : un vaisseau de ligne pris dans la fumée, un brûlot en flammes collé à son avant, des chaloupes au premier plan
La nuit du 11 avril 1809 : un brûlot anglais accroché sous le beaupré du Régulus. Pierre-Marie-Marcellin Duval est le chirurgien-major du vaisseau.
Tableau en grisaille : un grand vaisseau couché sur le flanc, mâts inclinés, sur un banc de sable, d'autres navires au loin
Le Régulus échoué sur le banc des Palles, couché sur le flanc, à marée basse.

Le 21 février 1809, à quatre heures et demie du matin, l'escadre de Brest appareille par vent du nord, sous le contre-amiral Willaumez : huit vaisseaux, dont le Régulus et le Jean-Bart, et deux frégates. Passé le raz de Sein, l'amiral réunit ses capitaines et leur dévoile leur mission : débloquer l'escadre de Lorient, puis celle de Rochefort, et porter ensemble des vivres à la Martinique et à la Guadeloupe. Le Régulus se tient à portée de voix du vaisseau amiral, l'Océan. On passe devant Groix, par le courreau de Belle-Île, au large de l'île d'Yeu, sous l'œil des frégates anglaises. Le 24, avant le jour, l'amiral hèle le Régulus : se préparer au combat, sans montrer de feux. Au matin, l'escadre donne dans le pertuis d'Antioche et mouille en rade des Basques. Le 26, elle gagne le mouillage de l'île d'Aix ; ce jour-là, le Jean-Bart, sur lequel Duval avait servi, s'échoue et ne s'en relèvera pas.

Le 11 avril 1809, à huit heures du soir, la flotte anglaise fait sauter l'estacade qui protège la rade, puis lance sur l'escadre trente-trois brûlots : des navires bourrés de poudre et de matières incendiaires, qu'on laisse dériver en flammes vers l'ennemi. Certains portent des canons chargés à mitraille, qui tirent d'eux-mêmes à mesure que le feu les gagne. Le Régulus est le premier accroché. Un grand brûlot, qui lance de toutes parts des fusées, des éclats de bombes et de grenades, vient tomber sous son beaupré ; ses vergues sont garnies de grappins en forme d'hameçon, une bombe prête à éclater au milieu de chacun. On le détache d'un côté, il s'accroche de l'autre. Le feu prend dans les focs, dans le beaupré, dans tout l'avant du vaisseau. Il faut une demi-heure, sous une grêle de boulets, pour s'en débarrasser.

En manœuvrant pour éviter les autres brûlots, le Régulus tombe sur le banc des Palles. La mer est basse : le vaisseau se couche sur le flanc, au point qu'on craint qu'il ne se relève pas. En quatre heures, l'équipage jette à la mer toute l'artillerie, sauf seize canons ; au flot, on coupe les amarres et l'on met à la voile. Le lendemain, le vaisseau est échoué sur les vases devant Fouras, à l'entrée de la Charente, sans câble, sans ancre ni grelin. Autour de lui, quatre vaisseaux français brûlent.

Alors commence un siège. Les 13, 14, 20 et 24 avril, des bombardes, des bricks et des chaloupes canonnières anglaises viennent s'embosser derrière lui, là où ses canons de flanc ne portent pas. Le capitaine Lucas fait monter deux canons dans sa chambre, abattre la galerie, hacher des sabords pour tirer par l'arrière : le Régulus répond avec ses seules pièces de retraite, 1 880 coups en tout. Le 20 avril, l'ennemi lui lance 173 bombes. Il n'a pourtant qu'un homme tué et quelques blessés, parce que Lucas fait tenir tout son monde dans les batteries et les faux-ponts, là où se tient aussi le chirurgien-major avec ses blessés.

Dans la nuit du 25 au 26 avril, après quinze jours d'acharnement contre un seul vaisseau, l'escadre anglaise s'éloigne. Les grandes marées reviennent ; remis à flot, le Régulus remonte la Charente, et le 29 avril il entre à Rochefort, où les habitants le reçoivent en triomphe.

1809-1810L'épidémie de Pontanézen

Rentré à Brest à la fin de juin 1809, il est chirurgien-major du 3e bataillon de la Marine, puis, quelques semaines de l'automne, du vaisseau l'Ulm, avant de retrouver son bataillon à terre.

Au début de 1810, deux frégates, la Renommée et la Clorinde, rentrent à Brest d'une croisière aux Antilles, sans avoir touché aucun port. Elles donnent la maladie à toute la ville. Le 10 février 1810, on confie à Duval la direction du service de santé de l'hôpital de Pontanézen, aux portes de Brest, où l'on soigne les malades de l'épidémie. Le 5 mai, le préfet maritime, Caffarelli, écrit au ministre que les officiers de santé Droguet, Billard, Duval et Mercey, chargés des salles, ont soigné les malades « avec le dévouement le plus louable », et demande pour eux une marque de satisfaction. Le ministre l'accorde. Le 5 juin, Duval est nommé professeur à Anvers.

1810-1813Professeur à Anvers

Gravure ancienne : une grande abbaye au bord d'un large fleuve, avec son église gothique, ses bâtiments et des bateaux à voile
L'abbaye Saint-Bernard, au bord de l'Escaut, à deux lieues et demie en amont d'Anvers. En 1810, Napoléon en fait un hôpital de douze cents lits et l'école de médecine navale où Pierre-Marie-Marcellin Duval enseigne.
Page imprimée de 1811 : le titre d'un article sur le traitement de la gale par la pommade de charbon, par M. Duval, professeur à l'école de médecine du port d'Anvers
« Observations et réflexions sur le traitement de la gale idiopathique, par la pommade de charbon ; par M. Duval, D. M. P., professeur à l'École de médecine du port d'Anvers » : ses malades de l'hospice de Brest, en 1807.

En 1810, Napoléon fait d'Anvers, sur l'Escaut, le grand arsenal qu'il veut dresser face à l'Angleterre. Trois hôpitaux n'y suffisent plus : on en installe un quatrième, de douze cents lits, dans l'ancienne abbaye Saint-Bernard, au bord du fleuve, à deux lieues et demie en amont de la ville. Un décret du 14 juin 1810 y crée une école de médecine navale, dirigée par André Fleury, pour former les chirurgiens des vaisseaux qu'on construit sur l'Escaut. Duval y est professeur de médecine et d'anatomie depuis le 11 juin ; il y tient la chaire d'anatomie physiologique. Les jeunes Flamands viennent y apprendre la médecine en français.

Sa famille s'installe tout près, à Schelle, le village voisin de l'abbaye. Le 18 février 1812, à neuf heures du soir, y naît Adolphe-Louis ; en mai 1813, une fille, Éléonore-Émilie.

Il continue d'écrire : le Bulletin des sciences médicales publie ses observations sur le traitement de la gale, par la pommade de charbon et par les vésicatoires, signées « M. Duval, docteur médecin, professeur à l'école de médecine du port d'Anvers ». Contre les fièvres, il essaie le sulfate de fer à la place du quinquina, le seul remède connu, qui manque alors presque complètement en France. Le 4 mai 1812, il est nommé second médecin en chef de la Marine à Anvers et laisse sa chaire.

Cette même année, une épidémie de dysenterie éclate parmi les marins. À l'hôpital Saint-Bernard, on voit mourir jusqu'à quinze ou vingt malades par jour ; le ministre envoie sur place l'inspecteur général Kéraudren, et les efforts réunis des médecins du port finissent par vaincre le fléau.

1813-1814Le siège d'Anvers

Tableau : un bassin portuaire avec de grands vaisseaux en construction, des entrepôts, des promeneurs et des marchandes au premier plan
Le bassin Bonaparte à Anvers, vers 1811-1814 : le grand arsenal que Napoléon voulait dresser face à l'Angleterre. L'école de médecine navale y forme les chirurgiens de la flotte de l'Escaut.

À la fin de 1813, les armées de l'Empereur refluent d'Allemagne ; les Anglais et les Prussiens approchent d'Anvers. Il faut évacuer en hâte l'hôpital Saint-Bernard, trop loin de la ville pour être défendu : six ou sept cents malades sont ramenés dans la place, par un froid terrible. Au début de 1814, le vieux Carnot vient commander Anvers ; le lendemain de son arrivée, la ville est investie. Carnot confie à André Fleury la direction de tous les hôpitaux, ceux de l'armée comme ceux de la Marine ; d'anciens couvents et des églises deviennent des hôpitaux.

Fleury charge Duval du plus redoutable : l'hôpital militaire des Récollets, où près de cinq cents soldats sont atteints du typhus et de la dysenterie. L'officier de santé en chef de l'armée et deux de ses aides y sont déjà morts, avec des administrateurs et des infirmiers ; le chirurgien-major à qui Duval succède en a réchappé de justesse. Par des mesures d'hygiène sagement raisonnées, il arrête la marche de l'infection. Mais il tombe malade à son tour : un typhus qui manque l'emporter, suivi d'une longue convalescence.

Anvers tient trois mois de blocus. Carnot ne remet la place qu'après la chute de l'Empereur, quand le gouvernement de Louis XVIII est établi ; la ville est perdue pour la France, et un tiers de la flotte passe à la Hollande. Dans son rapport au conseil de défense, Fleury écrit que Duval a arrêté la marche d'une maladie dangereuse et, par son dévouement, calmé les craintes d'une population nombreuse ; il demande pour lui une récompense. Le commissaire général de la Marine, Chabanon, attaché à l'état-major du gouverneur, le range parmi les premiers dont « la noble conduite » la mérite. À la mi-mai 1814, Duval rentre à Brest avec sa femme et ses enfants.

1814-1816La lionne de l'Écho

Page imprimée de 1816 : une dédicace « À Monsieur Duval, docteur en médecine et professeur de botanique et de matière médicale au port de Brest »
1816 : un jeune chirurgien de Quimper lui dédie sa thèse, « témoignage de reconnaissance pour les soins assidus et affectueux qu'il m'a donnés dans deux maladies graves ».
Extrait imprimé de 1817 : le titre « Observations sur une affection de la peau, communiquée par une jeune lionne », puis le paragraphe « MM. les docteurs Duval et Taxil Saint-Vincent ont traité ces malades »
« Observations sur une affection de la peau, communiquée par une jeune lionne » : la lionne de l'Écho, arrivée du Sénégal en 1816, et, plus bas, « MM. les docteurs Duval et Taxil Saint-Vincent ont traité ces malades ».

De retour à Brest, on lui confie l'enseignement de l'histoire naturelle médicale : la botanique et la matière médicale, c'est-à-dire la connaissance des plantes et des remèdes. Moins de cinq mois après le retour, le 7 octobre 1814, la petite Éléonore-Émilie meurt, à dix-sept mois.

En 1816, un jeune chirurgien de Quimper, Armand-Denis Delécluse, reçu docteur à Paris, lui dédie sa thèse : « À Monsieur Duval, docteur en médecine et professeur de botanique et de matière médicale au port de Brest. Témoignage de reconnaissance pour les soins assidus et affectueux qu'il m'a donnés dans deux maladies graves, et pour l'intérêt qu'il me porte. »

En septembre 1816, la corvette l'Écho, du capitaine de Vénancourt, rentre du Sénégal avec une jeune lionne si douce qu'on la touche sans crainte et que son maître joue avec elle. Malade de la mer, débarquée à Brest, elle meurt bientôt. On porte le corps au jardin botanique de la Marine pour en garder la peau. Dans la nuit qui suit, Dupont, le préparateur qui l'a écorchée, est pris de démangeaisons intolérables et d'une éruption de petits boutons rouges ; quelques jours plus tard, son visage est couvert d'une croûte épaisse, comme d'un masque. Bertin, qui a empaillé la bête, puis le capitaine de Vénancourt lui-même, son domestique et quelques matelots sont atteints à leur tour.

Les docteurs Duval et Taxil Saint-Vincent les soignent avec des sudorifiques, des amers, des préparations de soufre et des bains sulfureux, et les guérissent. L'observation paraît en 1817 dans les Annales maritimes ; elle s'achève sur une question : combien de maladies de l'homme lui viennent des animaux, sans qu'on le sache ?

La famille grandit : Mélanie-Rosalie naît le 16 septembre 1815, Ange-Eugène le 23 septembre 1816. C'est chaque fois le père qui déclare l'enfant à la mairie.

1817-1821Second médecin en chef

Page imprimée d'un annuaire de la Marine de 1821, liste des officiers de santé en chef, où figure « B. Duval, Pierre-Marie-Marcellin »
La liste officielle de 1821 : parmi les seconds officiers de santé en chef, médecins, « B[rest]. Duval, Pierre-Marie-Marcellin ».
Acte manuscrit de naissance de 1820, numéro 649, avec plusieurs signatures
Brest, 31 décembre 1820 : la naissance d'« Aimée-Lucie Duval », « fille de Pierre-Marie-Marcellin Duval, second médecin en chef de la Marine à Brest, et de Marie-Jacquette La Biche ». Parmi les signatures, celle de son frère : « Adolphe Duval ».

Le 16 avril 1817, il est nommé second médecin en chef de la Marine à Brest, et il prend la chaire de pathologie interne, l'étude des maladies. Il a changé trois fois d'enseignement, de l'anatomie aux plantes puis aux maladies, sans qu'on se soit jamais aperçu, écrira son biographe, de l'effort de travail que cela lui coûtait. Ses études sur le croup l'ont conduit à recommander contre lui le traitement antiphlogistique, celui qui combat l'inflammation.

En 1818, à la demande du préfet du Finistère, l'intendant de la Marine l'envoie avec un médecin civil dans les communes du département désolées par le typhus. Il en rapporte un mémoire d'hygiène publique sur la maladie et son traitement, qu'on ne lui paie pas. La même année, il remplace le premier médecin pendant sa maladie ; le ministre fait prendre note « des comptes avantageux » rendus sur lui, et promet de s'en souvenir. En 1819, nouvelle mission : Plounévez-Lochrist, dans le Léon, où une maladie fait « les plus grands ravages » ; il s'y rend avec le docteur Liscoat et en rapporte un mémoire sur sa nature et son traitement.

Louis-Jules naît le 1er décembre 1817, Armand-Isidore le 24 février 1819, et le 31 décembre 1820 vient une seconde fille, Aimée-Lucie ; au bas de son acte, un garçon de huit ans signe à côté de son père : « Adolphe Duval ». En novembre 1820, Marie-Jacquette apprend la mort de son frère, le lieutenant de vaisseau Jean-Jacques La Biche, emporté par la dysenterie sur l'Uranie, à l'autre bout du monde. Sa mère écrit au ministre : « Ainsi périrent : sur la frégate la Vénus, mon mari le chirurgien-major La Biche ; sur le Sphinx, dans les combats de Suffren, le lieutenant de vaisseau Blondela, mon frère aîné ; sur l'Astrolabe, avec La Pérouse, mon autre frère Blondela. »

En 1821, à quarante-trois ans, il rassemble ses titres pour demander la croix de la Légion d'honneur. André Fleury, devenu premier médecin en chef à Toulon, atteste ce qu'il a fait à Anvers. Le commissaire général Chabanon écrit du Havre : « La modestie et le mérite de monsieur Duval ont été généralement appréciés… Il a joint à ces premiers titres, pendant les sièges et bombardements de cette place, ce que le zèle le plus éclairé, ce que le plus courageux dévouement ont fait remarquer, en quelque sorte malgré lui. » Et un mois plus tard, à l'inspecteur général Kéraudren : « La croix d'honneur ne pourra récompenser, dans mon opinion, des preuves de talent, de zèle et de courage plus constatées. » Son nom n'apparaît pourtant dans aucun registre de la Légion d'honneur.

En 1821, la liste officielle des officiers de santé de la Marine le range parmi les seconds officiers de santé en chef, médecins : « Brest. Duval, Pierre-Marie-Marcellin ».

1822Plougastel

Carte postale ancienne : une petite chapelle de granit avec un clocher à jour, un calvaire, des arbres et une charrette
La chapelle Saint-Adrien, à Plougastel-Daoulas, sur une carte postale du début du XXe siècle. C'est à Saint-Adrien qu'il meurt, le 11 août 1822.
Note imprimée en petits caractères : l'éloge de M. Duval, enlevé dans la force de l'âge, et de ses deux fils professeurs à Brest
« Enlevé dans la force de l'âge et dans toute la maturité du talent, ce professeur a laissé de nobles souvenirs dans l'école qui l'avait formé. » L'hommage de l'historien du service de santé de la Marine, en 1867.

Le 9 juin 1822 naît son dernier fils, Théodore ; ce n'est pas le père, cette fois, mais un confrère, le docteur Le Breton, qui le présente à la mairie. Cet été-là, Marcellin Duval est à Plougastel-Daoulas, sur la presqu'île qui fait face à Brest, de l'autre côté de la rade. Il y meurt, à Saint-Adrien, le 11 août 1822, à trois heures de l'après-midi, en activité de service. Il avait quarante-cinq ans, et vingt-neuf ans, quatre mois et dix-sept jours de services, dont plus de huit ans à la mer en temps de guerre. Au port, le fils de son vieux maître, Duret, lui succède dans l'enseignement.

Il laisse sa veuve sans fortune, avec huit enfants à charge ; le roi lui accorde une pension de cinq cents francs. Le 16 août, le maire de Brest certifie que c'est par erreur qu'on avait écrit « Marcien » sur l'acte de mariage : il avait toujours signé Marcelin. L'aîné, Marcellin, a quinze ans : c'est lui qui veillera sur ses frères et sur ses sœurs. Marie-Jacquette survivra près de cinquante ans à son mari ; elle meurt à Brest en 1871, huit mois après sa fille Aimée-Lucie, restée célibataire, morte le 23 août 1870.

Tous ses fils entreront dans la Marine. Marcellin, chirurgien et anatomiste, deviendra directeur du service de santé. Adolphe, officier de marine, prendra à vingt-sept ans le commandement d'un brick dont le capitaine et le second venaient de mourir, et finira capitaine de vaisseau. Ange sera médecin en chef. Louis-Jules, commissaire de la Marine, mourra de la fièvre jaune à la Vera-Cruz en 1862 ; Armand-Isidore, capitaine de frégate, se distinguera en Cochinchine et mourra en revenant du Mexique ; Théodore entrera à l'École navale, mais sa santé l'obligera à la quitter.

Quarante-cinq ans après sa mort, l'historien du service de santé de la Marine lui rend hommage : « Enlevé dans la force de l'âge et dans toute la maturité du talent, ce professeur a laissé de nobles souvenirs dans l'école qui l'avait formé. » Il ajoute : « M. Duval a laissé deux fils, héritiers de son dévouement à l'instruction de la jeunesse ; ils occupent les premiers rangs parmi les professeurs de l'école de Brest. » Ce sont Marcellin, chirurgien, anatomiste, puis directeur du service de santé, et Ange, chirurgien de la Marine, dont la fille, Marie-Louise, entrera dans la famille Lemogne.